29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 21:21

Récit               Vilalcazar de Sirga - Carrion de los Condes -

                      Terradillas de los Templarios 

 Texte sonorisé 34 km 

(cliquer sur la video en bas de page)


chemin-mouille054.jpg

Jour de pluie    Ph. J F F

En chemin, c'est comme ailleurs, quand il pleut longtemps le moral baisse. De la pluie, il en est tombé toute la nuit. Une gouttière de l'hôtel n'a pas manqué de l'éclabousser à voix haute. Il pleut et il continuera de pleuvoir toute la matinée. Se couvrir, et partir quand même.

 

Juste avancer, se battre contre les rafales de vent, baisser la tête et canaliser son esprit pour qu'il reste déterminé. Il y a aussi des paroles apprises dans l'enfance qui peuvent aider, textes courts cent fois, mille fois répétés, surtout le dimanche, ou chansons d'enfance oubliées, petites musiques, grande musique, on les répète, content de les retrouver. Les paroles et les airs étaient restés intacts dans la mémoire. On les répète encore pour oublier qu'il pleut et qu'on ne voit rien.

 

Le personnage, sous sa cape verte, que je rattrape, c'est  Romano, parti plus tôt. Une photo, et on continue. Je comprends qu'il préfère se trouver seul en chemin.

 

A Carrion de los Condes, c'est  malheureux, mais pas le temps d'admirer les sculptures de la façade. Tête baissée à cause de la pluie, il est davantage loisible de rêver sur les marques en bronze qui font tant d'effet...

 

 

 

 

 

 

 

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Carrion de los Condes

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Au vingt-cinquième kilomètre le temps finit par se dégager un peu.

 

Le chemin m'amène au cœur d'un village, "les petites terres des Templiers" ces chevaliers-moines qui furent les premiers libérateurs du nord de l'Espagne. Je me trouve devant la porte d'une albergue qui n'a pas tout à fait l'apparence attendue. Elle porte le nom grandiose de Jacques de Molay. Voilà qui nous ramène à Paris en un clin d'œil.

 

Templars_Burning.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce Jacques-là, c'est le Maître de l'Ordre des Templiers, celui que Philippe le Bel fit arrêter méthodiquement, un jour devenu célèbre de par le monde : le 13 octobre 1307. Un vendredi de surcroît. En disparaissant quelques années plus tard, le Maître et ses frères emportèrent avec eux, à jamais, le secret d'un trésor...

 

A peine franchi le seuil de cet albergue, il y a comme une gêne, un malaise qui durera jusqu'au lendemain. A l'intérieur, les murs des cloisons ne montent pas jusqu'au toit... D'une chambre à l'autre tous les bruits vont et viennent. Quant au rez-de-chaussée, la  salle à manger est enfumée par les cigarettes allumées l'une sur l'autre, y compris celles du patron. Il devait y avoir moins de fumée sur l'Ile aux Juifs au moment de l'infâme exécution.

 

En prenant l'air dehors et en visitant ce pueblo en une minute chrono, on comprend vite que le chemin a été détourné pour éviter de passer devant le refuge pèlerin municipal indiqué dans le guide ! Le village a appartenu aux Templiers. Il appartient maintenant, en partie du moins, au monde de l'argent gagné "à l'arrache". Désagréable sensation d'avoir été floué. Attends demain, on essaiera d'élever son esprit,

 

de respirer un air plus sain.

 


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commentaires

alain Démaret 18/09/2016 20:45

je suis allé là moi aussi et n'ai pas vu de gite municipal. Le nom de ce gite me plaisait. Le village était plutôt délabré. Je crois que l'on m'a dit qu'il fallait encourager ce gite car il était ouvert toute l'année.

alain Démaret 18/09/2016 20:44

je suis allé là moi aussi et n'ai pas vu de gite municipal. Le nom de ce gite me plaisait. Le village était plutôt délabré. Je crois que l'on m'a dit qu'il fallait encourager ce gite car il était ouvert toute l'année.

Dominique 02/03/2015 02:30

Je trouve ce blog intéressant et sympa.
Pour avoir parcouru comme des milliers d'autres ce fameux "Camino frances", celui qui m'a laissé le souvenir le plus marquant , je cherche à lire le récit à partir du premier jour, mais le lien me renvoie à...Vilalcazar de Sirga - Carrion de los Condes -Terradillas de los Templarios .. ! Je suppose que tu n'as pas commencé ton chemin à Carrion de los Condes...Si tu pouvais me dire comment accéder au premier jour..!
Bien cordialement
Dominique

J F F 03/03/2015 00:22

La pièce s'appelle Camino;
Des infos dans cet article : http://chemincompostelle.over-blog.com/article-invitation-theatre-camino-sur-le-chemin-de-compostelle-125548022.html
Malheureusement je crains ne pas pouvoir mettre le lien il faut copier-coller.
Impressionnant d'être lu outre-mer , je ne sais pas trop où d'ailleurs, mais ça fait plaisir . Moi aussi j'ai été ému par tant de bienveillance sur le chemin. De retour, il faut travailler encore et encore là-dessus, et ce n'est pas toujours facile... Ultreia !

Dominique 02/03/2015 22:33

Merci JFF pour ta réponse rapide et chaleureuse.

Tu fais référence à une pièce de théâtre ! laquelle ? -Je n'habite pas en métropole et donc je ne suis pas au courant de cela.


Par contre dès que possible j'irai voir ce film. J'ai hâte de remarcher sur les chemins de Compostelle pour la convivialité, la chaleur humaine, les relations d'entraide et l' altruisme particuliers à une grande partie des pèlerins et aux habitants et hospitaliers qu'on y croise...

Bien cordialement
Dominique

J F F 02/03/2015 10:09

Bonjour Dominique,

Merci pour ta gentille appréciation.
Tu voudrais trouver le premier jour, celui du départ, plein de questionnements, d'appréhensions, mais aussi d'énergie, d'enthousiasme et d'innocence, en attendant d'avoir les premières courbatures, les premiers épuisements...

Pour l'instant, ce n'est pas possible : j'ai rédigé mon chemin en commençant par le dernier jour ! Oui je sais c'est bizarre. Peut-être ai-je voulu rembobiner le fil, comme si je revenais à pieds ?

Ce qui m'a empêché de raconté ce qui précède Vilalcazar, c'est entre autres tous les articles sur d'autres sujets, sur des événements tels que cette pièce de théâtre qui se joue en ce moment, ce film qui passera à partir d'avril et surtout surtout ce combat que je mène pour que des clous marquent enfin le chemin de Compostelle qui traverse Paris...

Patience un jour peut-être... En tout cas merci beaucoup Dominique pour ton compliment. Ultreia !

Coline 06/11/2013 12:27

J'ai moi aussi détesté ce lieu,
où je n'ai pas dormi finalement, je me suis fiée à ma mauvaise impression, et j'ai poussé trois kilomètres plus loin, sous une pluie battante aussi, dans la super petite albergue italienne de
Moratinos

http://agnelous.blogspot.fr/2013/10/ou-je-regrette-mon-voeu-de-chastete.html

et bien m'en a pris, tous ceux qui ont pris leur repas à Terradillos ont été malades...
Je ne me souviens pas qu'il y avait une auberge municipale, mais ol y avai un grand refuge privé à l'entrée du village, bien réputé, mais malheureusement fermé en automne.

J F F 06/11/2013 18:35



Très drôle, ton article Coline, il commence par un moment d'un romantisme torride, et finti dans une colère mouillée !  Merci pour ton commentaire     



Weill 16/09/2013 11:35

Cirauqui 21 aout 2000
Quand il pleut sur la terre sèche, ça fait de la boue humide. Quand des sacs à dos vallonnent dans le maquis espagnol sur de la boue humide, ça fait des pèlerins qui patinent, qui dérapent et qui
chutent. Pas facile d’apprendre à pactiser avec la boue. Les godasses sont de plus en plus aspirées par le sol. Elles pèsent trois kilos chacune. Finalement les ego se dissolvent lentement dans la
boue.

La pluie s’arrête. Le chemin ressemble à une classe d’école maternelle après le cours de poterie. Les gosses veulent s'essuyer le visage. Ils éclatent de rire. Le remède est pire que le mal. Le
grand Jardinier regarde la maladresse de ses enfants d’un air attendri. Ils ne savent pas encore que c’est dans la vase et la gadoue que naissent les fleurs de lotus.

J F F 18/09/2013 23:27



D'accord pour s'arrêter un peu sur le problème de la boue. C'est une drôle d'épreuve, qui produit des rigolades, mais il y a du sens là-derrière : comme le chemin glissant la vie peut provoquer
en nous des glissades, des retournements imprévus que nous devons accepter ...


Tenir l'équilibre, et si on le perd, accepter la chute et la petite humiliation de se retrouver par terre ! 


Accepter de rire quand cela arrive aux autres et accepter qu'ils rient ! 



Weill 16/09/2013 11:32

Nous voilà dans la province de Léon. Déjà ! Dans l’air quelque chose a changé. Peut-être sont-ce les hommes, leur langue et leur culture. Ou bien encore la terre et les maisons. Mais c'est avant
tout la lumière. Le soleil monte moins haut dans le ciel. Il a perdu de son mordant. Un voile invisible blanchit imperceptiblement le ciel. C'est la fin du mois d'août. Déjà !

Bien sûr, ce n'est pas encore la fin du voyage. Bien sûr que non ! Quelle audace ! Personne n'oserait parler de la fin du voyage. Personne n'oserait même le soupçonner. Ce n'est ni de la peur, ni
de la pudeur, ni de la timidité. C'est que cela n'a pas de sens. Mais au nombre de pages du topo-guide qu'il reste à ouvrir, la besace sait bien que la moitié du chemin espagnol est parcourue. Et
donc que le compte à rebours a commencé. Dans deux semaines tout au plus, s'ouvrira la dernière page du livre de Compostelle.

Carion de los Condes et ses fabuleux trésors sont au bout de sept kilomètres de ligne droite. Le large chemin empierré qui longe la route P 980 transpire les euros de la communauté européenne. Des
jeunes arbres ont été plantés. Pour donner de l'ombre aux pèlerins des années 2020. Les grosses bornes kilométriques portent des coquilles Saint-Jacques en céramiques. Jaunes sur fond bleu.
Certaines ont été descellées. Parfois le kilométrage restant à parcourir est indiqué.
AW/ 31 aout 2000

J F F 18/09/2013 23:23



Magnifiques, tes mots, André ! et flamboyants ! Merci pour ce partage. 



Geneviève 07/09/2013 23:16

Merci Jean-François... Cela m'aide de "m'appuyer" sur quelques images pour poser mes mots.

J F F 18/09/2013 23:20



Et nous, ça nous aide de voir tes articles, au ton si sincère. Je recommande ton blog à tous nos lecteurs, c'est simple et ça fait mouche. Bravo et merci ! (et je suis tellement content que tu en
sois revenue heureuse...)    



Geneviève 06/09/2013 22:24

Je raconte un petit peu mes 5 semaines de l'été 2013 entre navarrenx et Santiago...
Carrion de los Condes reste un souvenir magnifique pour moi.
La pluie, l'orage, c'était pour les premiers jours du chemin...

J F F 07/09/2013 22:49



Un peu, certes, mais très bien ! Félicitations pour ces articles qui font rêver ... même ceux qui y sont déjà passés ! 


On y perçoit une grande, grande sincérité !


Du coup je vais changer l'intitulé du lien vers ton blog : ce sera 


Geneviève, le chemin et la linogravure 


OK ? dans l'attente de ta suite...      



Danielle Lopez 30/08/2013 01:02

Même scène ,en France sur la route vers Saintes...La pluie qui me gifle à chaque rafale de vent , la douche froide dès qu'un camion passe. Je ne sais plus penser à rien d'autre qu'à cette
lancinante douleur à la cheville et je me dis que mon Chemin va s'arrêter là ? Mais je ne perds pas de vue la cape rouge qui avance vaillamment devant moi et qui à chaque passage de camion se
retourne vers moi pour voir si je suis toujours debout !!!!
Dure journée , chaleureuse journée !!
Ah oui , merci pour ce bel article qui nous transporte très loin dans le temps !
Bonne soirée JF ...gentille cape rouge !!
Danielle

J F F 30/08/2013 22:36



En France, c'était pire. Mais je retiens la leçon d'André : 


Le soleil brille, on n'est pas douillet


La pluie nous mouille, on reste au duvet...    


enfin pas toute la journée, tout de même !



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