11 août 2010 3 11 /08 /août /2010 14:18

Via Mosana, l'Allemagne vers Paris, Tours et Compostelle

Il existe un tronçon de la Via Mosana qui, par la Via Thiérache, aboutit à Saint Quentin, Noyon, puis Compiègne et Paris.

Lien vers la carte.

Sylvie part parfois toute seule... enfin presque, car elle emporte avec elle un sacré tempérament...

En avril 2010, elle veut découvrir le chemin en amont de chez elle et part à travers la Rhénanie, de Cologne à Aix-la-Chapelle, pour ensuite gagner Maastricht (Pays-Bas) puis les villes jacquaires du Limbourg belge. Entre Cologne et Aachen (Aix la Chapelle) elle traverse la ville de Duren puis pénètre dans la forêt de Merode.

 

Sylvie-dans-la-foret-de-Merode-BIS.jpg

Forêt de Merode Photo Sylvie Francotte

 

La nuit tombe, il faut dormir. Sylvie trouve abri dans une cabane, qu'elle appelle "Mon hôtel mille étoiles".

 

 


  

Photos Sylvie Francotte

 

Une bougie est allumée, qui lui réchauffe le corps et l'âme.

Quand elle se réveille, le lendemain, il fait 3° dehors...

Courageuse Sylvie ! En toute circonstance, elle garde le sourire !

En ce moment elle rentre des routes de France...

 

 

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11 août 2010 3 11 /08 /août /2010 08:01

Chemins de Compostelle, Chemins d'Europe.

 

Ces chemins que Sylvie Francotte parcourt ont pour nom Via Mosana, Via Brabançonne, Via Gallia Belgica. Passant à Cologne et Aix la Chapelle, les pèlerins peuvent rejoindre le Chemin de Paris grâce à la Via Thiérache.

 

via-mosana.jpg

 

Source : Sylvie Francotte

 

As-tu remarqué ?

 

 Sur cette carte, pas une seule frontière...

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10 août 2010 2 10 /08 /août /2010 16:45

Voici Sylvie, pèlerine qui ne cesse d'explorer les chemins de Compostelle entre l'Allemagne d'une part, les Pays-Bas d'autre part et la France, via la Belgique où elle a le bonheur d'habiter. Lien vers la carte.

 

 

Sylvie--la-borne-indiquant-le-depart-de-la-via-Mosana-et-A.jpg  

Récit de ses premières rencontres : "Depuis septembre 2008, j’arpente les chemins de Saint Jacques en Belgique. Pour la première rencontre avec les Amis de Saint Jacques,  j’avais une certaine appréhension… Comment tous ces pèlerins « au long cours » vont-ils considérer une « pélerineke » comme moi ?

 

J’avais aussi beaucoup de préjugés ! Sont-ils tous habillés d’une bure garnie de coquilles et affublés d’un grand bâton avec une gourde ? Ont-ils des étoiles dans les yeux et marchent-ils en chantant des « magnificat » ?


A Aix la Chapelle, le Chemin de Compostelle est marqué d'une borne métallique.

Photo : Sylvie Francotte

   

A mon arrivée à la gare de Huy, je suis accueillie par de francs sourires et de chaleureuses poignées de mains.

On se reconnaît à la tenue de marcheur, et plusieurs ont une petite coquille discrètement accrochée à leur sac ou sur leur bâton."

Prépare-toi à revoir le sourire rayonnant de Sylvie.

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9 août 2010 1 09 /08 /août /2010 16:45

"L'homme est d'abord un nomade avant d'être un sédentaire. C'est en parcourant les routes en nomade convaincu, renonçant aux conforts hôteliers, dormant à la belle étoile que j'ai compris que l'homme est un être de relation. La relation n'est possible qu'en se mettant en marche vers l'Autre. Si nous étions plus nomades et moins sédentaires, le monde en serait changé. Le malheur de notre société avec ses modes et ses coutumes de sédentaires, s'accommode mal du nomade." Godeschalk.

 

012-ATAPUERCA-bis.jpg

 

Les télécommunications et les transports favorisent les déplacements. Les gourous officiels promettent que l'homme, surtout s'il décide, deviendra hypernomade.

 

L'été, environ 50 % des français partent en vacances.

 

Il n'y a pas qu'une façon de vivre. Il y a des peuples qui n'ont pas de maison fixée au sol.

 

Chaque matin repartir. Revivre le temps des transhumances préhistoriques, l'existence des pasteurs toujours à la recherche d'un meilleur sol ou d'une terre promise, ou simplement d'un ailleurs.

 

Réfléchir sur les nomades et le nomadisme. Malgré le trouble semé par intérêt contre les étrangers, continuer à avancer... vers l'Autre.

 

Le Pèlerin est un nomade.

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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 21:00

Le pèlerin est en quête d'absolu.

 


Photos J F F

 

En emportant avec lui le strict nécessaire, tout ce qu'il recherche,

c'est l'Essentiel.

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2 août 2010 1 02 /08 /août /2010 20:35

Récit         O Pedrouzo – Lavacolla - Santiago 

texte sonorisé     16 km

 

PL-OBRADOIRO-VERSO-BIS.jpg

 

Place de l'Obradoiro côté pile

 

Les 16 kilomètres sont faciles et distrayants. Il y a tellement de monde sur le chemin dans cette campagne vallonnée ! Dernier jour pour beaucoup de pèlerins... Bouffées d'émotion... bonheur d'arriver ou tristesse que le chemin finisse ?

 

Après le vacarme des pistes de l'aéroport, passage à Lavacolla, au nom évocateur. La tradition voulait que le pèlerin se lave intégralement avant l'entrée dans la Ville Sainte de Santiago. Difficile aujourd'hui : trop de témoins possibles et le ruisseau est trop petit. En guise d'ablutions je me trempe longuement les mains dans l'eau fraîche pour noyer ce qui ressemble à du chagrin. Tant pis ! Au-delà de Santiago, j'aurai bien le plaisir de me baigner dans la mer, puisque, c'est décidé depuis le début, je continuerai vers Fisterra.

 

Les 16 kilomètres ne sont pas grand chose, on arrive vite au Monte de Gozo, ce Mont-Joie d'où enfin on peut apercevoir, pour la première fois, les toits et les clochers de la cité. De la ville monte un grondement de circulation, de gens affairés. Nous redescendons et nous entrons dans les nouveaux quartiers, où le bruit se fait plus fort, puis dans les faubourgs anciens.

 

LES-CLOCHERS-DE-SANTIAGO-PAR-JUDITH-VANISTENDAEL.jpg

 

Croquis de Judith Vanistendael

 

Du refuge du Monte de Gozo qui compte des milliers de lits sortent beaucoup de pèlerins. De ce fait, c'est vraiment en foule que se pressent les marcheurs sur les quelques kilomètres qui restent. A ceux qui n'ont fait que le minimum, à ceux qui ont couvert huit à dix huit fois plus de distance se mêlent ceux qui n'en sont pas à leur premier camino, et tout ça dans la bonne humeur. Un peu comme pour une fête qui aurait des milliers d'invités ou comme un carnaval où les familles et les amis se dirigent vers le spectacle... Tu es pris par le mouvement, par cet élan auquel tu appartiens aussi. Rien ne pourrait arrêter cette avancée vers quelque chose d'inexplicable.

 

Conversation avec la femme d'un couple de catalans, quand un irlandais plus jeune lui adresse un :

-  Carmen ! que tàl ?

-  You here, Sean !

Ils s'étaient rencontrés et s'étaient rattrapés de temps en temps du côté des Pyrénées, puis jamais revus. Surprise, exclamations de joie, effusions. En trente jours, séparément, ils ont vécu des difficultés, des peurs et des bonheurs différents, mais semblables. Ils ont fait le même chemin. Quand tu les vois s'embrasser, ça te prend aux tripes.

 

 

Les 16 kilomètres sont terminés. On entre dans la vieille ville. Nous traversons les rues de granit brun, les façades sont de la même couleur, les boiseries aux fenêtres sont blanches. Des pèlerins partout. C'est la belle zone historique où seuls les piétons sont admis. On n'entend plus que les pas, les bourdons qui frappent le sol et les clameurs des conversations. Il faut serpenter à travers les ruelles. L'heure approche. D'un coup, presque par inadvertance, tu découvres la cathédrale.

 

Les flèches ouvragées en pierre rugueuse s'élancent avec une fantaisie baroque démesurée : colonnes, frontons, socles, statues... Je m'arrête... C'en est trop. D'ailleurs c'est fini. Je m'assieds sur un mur de la Praza de Immaculada, que, pendant des siècles, des milliers de pèlerins ont atteinte après souffrances, efforts et dévotions, je regarde autour de moi les façades des bâtiments et les gens de toutes les nations. Quand tu y arriveras à ton tour, tu ne pourras pas t'en lasser. Tu attendras que ça passe. En même temps tu souhaiteras que chaque moment de ta vie soit pareil à celui-ci.

 

Au bout d'une demi-heure, Marie Claude et Chantal me sortent de mon hébétude et nous allons déjeuner. En face de la terrasse du petit restaurant, un guitariste entonne des chants où vibrent tout l'amour, toute l'histoire, toutes les peines des espagnols, toute l'âme de l'Espagne. Pas besoin d'être hyperémotif, c'est l'estocade.

 

Après le déjeuner, les amies sont parties trouver une chambre. Relâchement. Je m'endors sur ma chaise, dans cette rue, sur la terrasse du petit restaurant.

 

Quelque chose me réveille, je reprends mes esprits... c'est à ce moment-là qu'il se passe un truc incroyable. Le téléphone sonne, quelqu'un m'appelle de France et me donne un rendez-vous espéré depuis des mois... Ca ne s'est pas passé hier ou un autre jour, non, il a fallu que ce soit ici, à mon arrivée à Santiago. Je ne peux pas t'en dire plus, mais la coïncidence est trop forte, je suis abasourdi.

 

Dans l'après-midi, il y a deux ou trois choses à faire. Parmi elles, l'admiration des voûtes et des sculptures de la cathédrale et l'embrassade du buste doré de St Jacques, bien au-dessus de l'autel, dans un décor d'anges bouffis en bois doré. Alors je pense très fort à la bénédiction du départ, à Bernard, qui m'avait parlé de ce buste il y a plusieurs mois, au sens collectif de mon geste et je me dis que ça ne peut pas me faire de mal.

 

J'assiste à une petite cérémonie en espagnol et en italien où quiconque le souhaite peut prendre la parole et témoigner de ce qu'il a vécu. Je voudrais bien, moi, leur dire que ce chemin a été pour moi aussi l'expérience la plus longue, la plus forte, la plus riche, la plus haute de la petite vie que j'ai vécue, mais je me tais, je le dirai plus tard, à d'autres... et je suis d'ailleurs trop ému pour garder la voix claire.

 

Pas de messe à botafumeiro aujourd'hui, nous ne sommes que le 13 août. Il chauffera bien dans deux jours et je comprends que ce n'est pas pour moi...

 

Entre quelques courses et un moment d'attente, je contourne la cathédrale et les quatre places qui l'entourent et je croise de nombreux visages connus en chemin : les deux jeunes allemands, un jordanien et un brésilien, les parents du groupe des 120 collégiens, un couple d'italiens du Haut Adige, et même Elisabeth, la fille d'Albuquerque rencontrée juste après Sahagun... Combien de pèlerins en plus je reconnaîtrais si j'avais parcouru le camino d'une seule traite !

 

Voilà 5 heures que nous sommes arrivés à Santiago. Il est trop tôt pour tirer quelque conclusion que ce soit. Etre un pèlerin est-ce que c'est bien ? des problèmes sont-ils résolus ? est-ce que je comprends mieux mes congénères humains ? ai-je surmonté toutes mes peurs ? ai-je apprivoisé la mort ? puisque Dieu existe, me suis-je rapproché de Lui ? suis-je à présent quelqu'un de différent ? ai-je trouvé le bonheur ? Je crois bien que les réponses sont affirmatives, quoique.... sous une forme différente de ce que l'on peut imaginer. Ce qui est sûr, c'est que ça ne c'est pas passé à l'arrivée ici, mais en chemin... Je n'ai pas encore le recul pour analyser et mettre des mots sur tant de sentiments mêlés. Dans quelques mois je pourrai te donner des détails si tu me les demandes. Mais je le ferai entre nous : je ne suis pas sûr que cela intéresse tout le monde...

 

CATH-SANTIAGO-BIS.JPG

 

Place de l'Obradoiro côté face

 

Nous dormons ce soir dans une petite pension. J'y trouve un prospectus touristique qui m'apprend que le rivage de Fisterra, tout à l'ouest, à deux ou trois jours de Santiago, porte un nom particulier.

 

Ce nom, c'est Costa da Morte.

 

 

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30 juillet 2010 5 30 /07 /juillet /2010 15:21

En chemin, tu trouveras mille occasions de t'émerveiller sur les beautés du monde.

 

 croquis-estella--1-.jpg

 

Croquis aquarellé : Martine Réau-Gensollen

 

La beauté est partout.

Les paysages se laissent savourer pendant des heures. Les monuments vont de la plus simple chapelle au grandiose des palais, des monastères et des cathédrales. Par tous les styles, roman, gothique, renaissance, baroque, Art Nouveau, contemporain, l'homme a cherché et cherche encore la forme parfaite, la proportion idéale.

 

L'art est création.

Sans parler des photos (et on devrait en parler), il n'est pas rare en chemin de voir un pèlerin exécuter un croquis, une peinture. L'artiste interprète ce qu'il voit. Avec ce qu'il ressent.

 

Notre amie la pèlerine (et citoyenne du monde) a dessiné et aquarellé le pont qui à Estella enjambe le Rio Ega. Une représentation de passage fragile et difficile qui unifie deux rives, c'est à dire deux mondes. La courbe de l'arche défie l'abîme et le transcende. On est vraiment sur le Chemin de Compostelle : le pont représente la relation à l'autre. A celui qui l'emprunte, il permet d'élever sa conscience.

 

En se frottant aux autres consciences.

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29 juillet 2010 4 29 /07 /juillet /2010 07:43

Les Galiciens ont bien fait les choses.

 

Que la Saint Jacques, le 25 juillet, "tombe" un dimanche, et l'année correspondante est déclarée année jacquaire. Quelques pèlerins de 2010 ont pu avoir des problèmes d'hébergement. Qu'importe, à leur arrivée, ils ont eu la récompense d'assister à un spectacle inhabituel.

 

 


Photos : remerciements à Cicugapa


Prochaine année jacquaire : 2021,

mais l'année jacquaire 2010 n'est pas terminée.

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25 juillet 2010 7 25 /07 /juillet /2010 15:31

Lukasz Zych habite dans la belle et bonne ville de Cracovie, en Pologne.

 

Cette année il a décidé de faire le pas.

 

photo-CHRISTINE-DAUBLAIN-1-.JPG 

Photo Christine Daublain

 

Le 25 juillet, il passait par là. Il a accepté de se joindre aux jacquets de Paris et des environs au moment où ils se retrouvaient pour célébrer la Saint Jacques au pied de la Tour.

 

Demain il reprend la route vers l'Espagne, prévoit d'être à Oviedo au début du mois prochain. Il 'y commencera sa marche. Il atteindra Santiago de Compostela vers le 18 août.

 

Lukasz parcourra plus de 300 km à pied.

 

Nous lui souhaitons un excellent chemin

Ultréïa !

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23 juillet 2010 5 23 /07 /juillet /2010 20:27

Quand il y avait quatre îles sur la Seine...

 

A la demande légitime de Martine, la pèlerine

(et aquarelliste entre autres) qui veut un plan, en voici deux...

 

Paris-plan-et-son-accroissement-de-1422-a-1589.jpg

 

Sixième plan de la ville de Paris, et son accroissement, depuis le commencement du Règne de Charles VII l'an 1422, jusqu'à la fin du règne d'Henry III l'an 1589 par Jean-Baptiste Bourguignon d'Anville (1697-1782). Source BNF – Gallica.

 

Qu'ils contiennent des erreurs ou non, les plans de Paris ne manquent pas. Les plus anciens, de cartographes qui le sont à peine moins, montrent qu'il n'y avait pas trente-six façons d'entrer dans Paris par le nord.

 

Il y en avait deux :

 

Les pèlerins du Ponthieu et ceux qui voulaient à tout prix vénérer les reliques de saint Denis passaient par Saint Denis et entraient par ce qui est aujourd'hui la rue saint Denis. Voie, en sens inverse, des cortèges royaux funèbres...

 

Les pèlerins du Valois, du Soissonais, de Picardie, du Vermandois, du nord de la Champagne, de Thiérache, des Flandres, des Pays Bas, les Belges, les Allemands et tous ceux qui venaient de plus loin encore cheminaient sur une voie bien plus ancienne : la rue dédiée à saint Martin dont la vénération à Tours est antérieure, à celle de saint Jacques à Compostelle, de quatre cents ans.

 

Après un rassemblement ou un passage à l'église Saint Jacques de la Boucherie, les pèlerins allaient plein sud par la rue dénommée à juste titre la rue Saint Jacques.

 

Schéma global pour le pèlerin d'aujourd'hui et de demain

 

CARTE-DE-PARIS-MOYEN-AGE-SOURCE-PARIGRAMME217-BIS.jpg

 

La voie du nord-est, celle des Flamands, des Allemands, et des Scandinaves, est la plus agréable.

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