21 août 2010 6 21 /08 /août /2010 19:30

Récit              Casanova  -  Melide  -  Ribadiso de Baixo

                       21 km

 

RIBADISO-CROQUIS-1-BIS.jpg 

Photo J F F

 

" La transformation intérieure demeure l'idéal mystique du pèlerin".

 

Les moments, les heures, les journées passés à marcher poussent le pèlerin à réfléchir, même lorsqu'il est en compagnie. La simplicité de vie est proche du dénuement. On vit de peu, on se satisfait de peu. Les apparences sont celles du réel. Pour beaucoup de pèlerins cette transformation, dont parle Frédéric Gros, mène au partage de leurs pensées. Raconter ce qui se passe à l'intérieur de soi ne semble plus faire une grande différence. Et mettre en mots le résultat de sa méditation la concrétise.

 

Tu auras l'occasion d'entendre des secrets, et des gros, au moment où tu t'y attendras le moins. Le matin du départ de Leon j'avais été surpris du naturel et de la simplicité des confidences recueillies aux lavabos, entre savon et dentifrice...

 

Chemin pavé, églises et ponts du Moyen-Age. Nous traversons le village traditionnel de Leboreiro. A Furelos un drôle de Christ n'a pas les bras en croix. Sa main droite pend, sanguinolente.

 

Une journée de marche a suffit pour que Chantal, Marie-Claude et moi ayons envie de nous dire un peu de nos secrets. Nous passons la matinée à écouter, à échanger et à nous apprendre des bribes de vie que nous n'aurions jamais partagées dans un salon ou au bureau...

 

Parler donne soif, marcher ouvre l'appétit : nous arrivons à Melide. Arrêt dégustation. Aussi étonnant que cela puisse paraître pour une ville située à 65 km de l'océan, Melide est la capitale du poulpe. Attendri à souhait, cuisiné à point, rougi à la tomate, parfumé au paprika, c'est un régal.

 

On reprend la route. Les conversations alternent avec les silences. Compagnie et solitude.

 

Arrivés à Ribadiso de Baixo, nous  découvrons un paradis. Un peintre fait des croquis en prévision de tableaux à venir. Des pèlerins déjà arrivés font trempette dans l'eau fraîche du Rio Izo. Le refuge, le premier groupe de maisons près du pont, était un hôpital franciscain au XVème siècle. Le site a été si bien restauré qu'il a gardé sa beauté originelle. Les pierres brunes grossières semblent résonner encore des prières des moines et des pèlerins.

 

Nous retrouvons HSO (l'Homme du Sud-Ouest) à l'accueil. Nous attendons notre tour de présenter notre crédenciale. C'est le moment que choisit HSO pour m'annoncer qu'il a trouvé la clé de son problème personnel qu'il m'énonce tout de go. Internet va l'aider à le résoudre. Il est plein d'espoir, déterminé, et m'en parle comme si j'étais au courant.

 

Ecouter. Ne pas questionner. Entendre.

 

Ce n'est qu'après-demain que nous arrivons à Santiago. Pourtant demain sera un grand jour.

 

 

Un cap à passer, mais chut ! c'est un secret !

 

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19 août 2010 4 19 /08 /août /2010 17:19

La Tour Saint  Jacques n'est pas une construction banale d'un quartier excentré de Paris. Au coeur de la ville, elle est une des nombreuses traces du Chemin de Compostelle en Ile de France. Elle vient d'être restaurée. Suivez la camera pour connaître, dans le détail, le magnifique travail des tailleurs de pierre. 


 
L'ancien clocher de l'église Saint Jacques de la Boucherie se dresse au bord de la rue de Rivoli, à deux pas de Chatelet, noeud stratégique du transport parisien. Ses voisins : l'Hôtel de Ville, Notre-Dame, le Pont-Neuf, le Louvre, le Centre Pompidou. Comme au Moyen-Age, les pèlerins choisissent la Tour Saint Jacques. C'est leur repère dans leur traversée de Paris ou leur point de départ.
 
Sur les vitraux tu auras reconnu les coquilles et les bourdons, symboles jacquaires...

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15 août 2010 7 15 /08 /août /2010 15:36

Peinture à la campagne, métal et pierre en ville

 

Remerciements à Patrice Juskowiak

 

Les flèches, les marques et les balises ont une utilité.

Elles ont aussi une valeur.

Une valeur symbolique.

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12 août 2010 4 12 /08 /août /2010 05:56

Récit     -     Ribadiso do Baixo  -   Arzua  -  O Pedrouzo

21 km

 

LE-PETIT-CHAT-2-bis.jpg

Photo J F F

 

Aujourd'hui je dois passer ce cap le plus doucement possible...

 

Dès le matin mon portable, que j'ai oublié d'éteindre, sonne. Un sms de Nathalie et Jean Louis.

-         On dirait que les affaires reprennent ! ironisent mes compagnes de chemin...

Puis un autre sms, c'est Françoise puis encore un autre, de Mélanie.  Jusqu'à une demi-douzaine ! Une avalanche d'Anne, Julie, Léonie et Jean Michel, et Nicolas, et Tyrone ! Ils commencent tous  par les mêmes mots...

-         Eh bien, tu es très sollicité ! me disent mes compagnes.

-        Euh, je reçois des messages de félicitations de la famille et des amis qui savent que nous sommes en train d'arriver !

Menteur... j'évite leur regard, elles ne voient pas que je cache quelque chose ; pour autant, les messages me font vraiment plaisir.

 

Pour être moins gêné par tous ces appels et pour gêner moins, je me fais solitaire. Séparés par des centaines de mètres de distance, nous passons de chemins creux en espaces dégagés. La campagne, complètement.

 

Un fantôme de chaton blanc m'arrête. Il est  tout maigre et miaule désespérément. Il croit que je pourrais l'adopter, me le demande carrément et trottine à mes talons... sur plus d'un kilomètre. Ca dure si longtemps que je pense que c'est plutôt quinze. J'arrive à lui fausser compagnie, avec un peu de regret...

 

C'est le troisième jour de marche pour Chantal, elle a mal partout et c'est bien normal. Marie-Claude, elle, a eu la chance de s'entraîner en montagne, elle est en forme. Nous nous retrouvons à la terrasse d'un café où il fait bon traîner au soleil...

 

Vers treize heures, il est décidé que nous avons assez marché... Nous sommes à Arca, où tout est complet paraît-il. Un hôtelier des environs vient nous chercher en voiture pour nous héberger à Santiso, à 5 km au nord de là. Il nous ramènera demain matin. Je me laisse faire, un peu de confort ne fait pas de mal, surtout aujourd'hui... J'ai même un petit plan...

 

L'après-midi, balade dans les environs, sans les sacs ; les amies ne se doutent toujours de rien ; j'arrive à me soustraire à leur vigilance et je vais voir les responsables de la cuisine...

 

Au dîner : Fidao (soupe de fruits de mer avec beaucoup de pâtes et peu de fruits de mer), Merluza (colin, servi avec des légumes qui n'avaient guère quitté leur état naturel) et... le moment venu, petit signe à la gentille serveuse.

 

Elle apporte une part de Tarta de Jugo (ne me demande pas ce que c'est) avec 2 grosses choses qui brûlent dessus. Vient ensuite... une bouteille de Cava. C'est ce qu'ils appellent là-bas Champagne ! avec un point d'exclamation dans la voix.

 

La surprise des amies, le "pop !" du bouchon, les coupes levées, les photos, c'est la fête. Passage d'une décade à l'autre. Sexa, enfin ! A défaut d'autre chose.. Grâce à la compagnie joyeuse de Marie-Claude et Chantal, grâce à la petite surprise que je leur fais, grâce au chemin, grâce aux sms, grâce au beau temps, grâce aux bulles que j'avais commandées en cuisine, au partage avec les autres clients du restaurant, cette journée, à part celle de mes 14 ans va savoir pourquoi, est la plus belle journée d'anniversaire de ma vie !

 

ANNIV A SANTISO 5

Photo J F F

 

Voilà, maintenant en faisant quelques recoupements, tu peux connaître ma date de naissance. Chaque année à venir, si tu veux me la rappeler, surtout ne te gêne pas !

 

Etonnant tout de même, ce cap a failli coïncider exactement avec l'arrivée à Santiago, le fruit d'aucun calcul...

Plus que 16 km avant cette arrivée tant désirée.

 

Je me demande si demain le seizième kilomètre ne sera pas chargé d'émotion...

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11 août 2010 3 11 /08 /août /2010 14:18

Via Mosana, l'Allemagne vers Paris, Tours et Compostelle

Il existe un tronçon de la Via Mosana qui, par la Via Thiérache, aboutit à Saint Quentin, Noyon, puis Compiègne et Paris.

Lien vers la carte.

Sylvie part parfois toute seule... enfin presque, car elle emporte avec elle un sacré tempérament...

En avril 2010, elle veut découvrir le chemin en amont de chez elle et part à travers la Rhénanie, de Cologne à Aix-la-Chapelle, pour ensuite gagner Maastricht (Pays-Bas) puis les villes jacquaires du Limbourg belge. Entre Cologne et Aachen (Aix la Chapelle) elle traverse la ville de Duren puis pénètre dans la forêt de Merode.

 

Sylvie-dans-la-foret-de-Merode-BIS.jpg

Forêt de Merode Photo Sylvie Francotte

 

La nuit tombe, il faut dormir. Sylvie trouve abri dans une cabane, qu'elle appelle "Mon hôtel mille étoiles".

 

 


  

Photos Sylvie Francotte

 

Une bougie est allumée, qui lui réchauffe le corps et l'âme.

Quand elle se réveille, le lendemain, il fait 3° dehors...

Courageuse Sylvie ! En toute circonstance, elle garde le sourire !

En ce moment elle rentre des routes de France...

 

 

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11 août 2010 3 11 /08 /août /2010 08:01

Chemins de Compostelle, Chemins d'Europe.

 

Ces chemins que Sylvie Francotte parcourt ont pour nom Via Mosana, Via Brabançonne, Via Gallia Belgica. Passant à Cologne et Aix la Chapelle, les pèlerins peuvent rejoindre le Chemin de Paris grâce à la Via Thiérache.

 

via-mosana.jpg

 

Source : Sylvie Francotte

 

As-tu remarqué ?

 

 Sur cette carte, pas une seule frontière...

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10 août 2010 2 10 /08 /août /2010 16:45

Voici Sylvie, pèlerine qui ne cesse d'explorer les chemins de Compostelle entre l'Allemagne d'une part, les Pays-Bas d'autre part et la France, via la Belgique où elle a le bonheur d'habiter. Lien vers la carte.

 

 

Sylvie--la-borne-indiquant-le-depart-de-la-via-Mosana-et-A.jpg  

Récit de ses premières rencontres : "Depuis septembre 2008, j’arpente les chemins de Saint Jacques en Belgique. Pour la première rencontre avec les Amis de Saint Jacques,  j’avais une certaine appréhension… Comment tous ces pèlerins « au long cours » vont-ils considérer une « pélerineke » comme moi ?

 

J’avais aussi beaucoup de préjugés ! Sont-ils tous habillés d’une bure garnie de coquilles et affublés d’un grand bâton avec une gourde ? Ont-ils des étoiles dans les yeux et marchent-ils en chantant des « magnificat » ?


A Aix la Chapelle, le Chemin de Compostelle est marqué d'une borne métallique.

Photo : Sylvie Francotte

   

A mon arrivée à la gare de Huy, je suis accueillie par de francs sourires et de chaleureuses poignées de mains.

On se reconnaît à la tenue de marcheur, et plusieurs ont une petite coquille discrètement accrochée à leur sac ou sur leur bâton."

Prépare-toi à revoir le sourire rayonnant de Sylvie.

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9 août 2010 1 09 /08 /août /2010 16:45

"L'homme est d'abord un nomade avant d'être un sédentaire. C'est en parcourant les routes en nomade convaincu, renonçant aux conforts hôteliers, dormant à la belle étoile que j'ai compris que l'homme est un être de relation. La relation n'est possible qu'en se mettant en marche vers l'Autre. Si nous étions plus nomades et moins sédentaires, le monde en serait changé. Le malheur de notre société avec ses modes et ses coutumes de sédentaires, s'accommode mal du nomade." Godeschalk.

 

012-ATAPUERCA-bis.jpg

 

Les télécommunications et les transports favorisent les déplacements. Les gourous officiels promettent que l'homme, surtout s'il décide, deviendra hypernomade.

 

L'été, environ 50 % des français partent en vacances.

 

Il n'y a pas qu'une façon de vivre. Il y a des peuples qui n'ont pas de maison fixée au sol.

 

Chaque matin repartir. Revivre le temps des transhumances préhistoriques, l'existence des pasteurs toujours à la recherche d'un meilleur sol ou d'une terre promise, ou simplement d'un ailleurs.

 

Réfléchir sur les nomades et le nomadisme. Malgré le trouble semé par intérêt contre les étrangers, continuer à avancer... vers l'Autre.

 

Le Pèlerin est un nomade.

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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 21:00

Le pèlerin est en quête d'absolu.

 


Photos J F F

 

En emportant avec lui le strict nécessaire, tout ce qu'il recherche,

c'est l'Essentiel.

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2 août 2010 1 02 /08 /août /2010 20:35

Récit         O Pedrouzo – Lavacolla - Santiago 

texte sonorisé     16 km

 

PL-OBRADOIRO-VERSO-BIS.jpg

 

Place de l'Obradoiro côté pile

 

Les 16 kilomètres sont faciles et distrayants. Il y a tellement de monde sur le chemin dans cette campagne vallonnée ! Dernier jour pour beaucoup de pèlerins... Bouffées d'émotion... bonheur d'arriver ou tristesse que le chemin finisse ?

 

Après le vacarme des pistes de l'aéroport, passage à Lavacolla, au nom évocateur. La tradition voulait que le pèlerin se lave intégralement avant l'entrée dans la Ville Sainte de Santiago. Difficile aujourd'hui : trop de témoins possibles et le ruisseau est trop petit. En guise d'ablutions je me trempe longuement les mains dans l'eau fraîche pour noyer ce qui ressemble à du chagrin. Tant pis ! Au-delà de Santiago, j'aurai bien le plaisir de me baigner dans la mer, puisque, c'est décidé depuis le début, je continuerai vers Fisterra.

 

Les 16 kilomètres ne sont pas grand chose, on arrive vite au Monte de Gozo, ce Mont-Joie d'où enfin on peut apercevoir, pour la première fois, les toits et les clochers de la cité. De la ville monte un grondement de circulation, de gens affairés. Nous redescendons et nous entrons dans les nouveaux quartiers, où le bruit se fait plus fort, puis dans les faubourgs anciens.

 

LES-CLOCHERS-DE-SANTIAGO-PAR-JUDITH-VANISTENDAEL.jpg

 

Croquis de Judith Vanistendael

 

Du refuge du Monte de Gozo qui compte des milliers de lits sortent beaucoup de pèlerins. De ce fait, c'est vraiment en foule que se pressent les marcheurs sur les quelques kilomètres qui restent. A ceux qui n'ont fait que le minimum, à ceux qui ont couvert huit à dix huit fois plus de distance se mêlent ceux qui n'en sont pas à leur premier camino, et tout ça dans la bonne humeur. Un peu comme pour une fête qui aurait des milliers d'invités ou comme un carnaval où les familles et les amis se dirigent vers le spectacle... Tu es pris par le mouvement, par cet élan auquel tu appartiens aussi. Rien ne pourrait arrêter cette avancée vers quelque chose d'inexplicable.

 

Conversation avec la femme d'un couple de catalans, quand un irlandais plus jeune lui adresse un :

-  Carmen ! que tàl ?

-  You here, Sean !

Ils s'étaient rencontrés et s'étaient rattrapés de temps en temps du côté des Pyrénées, puis jamais revus. Surprise, exclamations de joie, effusions. En trente jours, séparément, ils ont vécu des difficultés, des peurs et des bonheurs différents, mais semblables. Ils ont fait le même chemin. Quand tu les vois s'embrasser, ça te prend aux tripes.

 

 

Les 16 kilomètres sont terminés. On entre dans la vieille ville. Nous traversons les rues de granit brun, les façades sont de la même couleur, les boiseries aux fenêtres sont blanches. Des pèlerins partout. C'est la belle zone historique où seuls les piétons sont admis. On n'entend plus que les pas, les bourdons qui frappent le sol et les clameurs des conversations. Il faut serpenter à travers les ruelles. L'heure approche. D'un coup, presque par inadvertance, tu découvres la cathédrale.

 

Les flèches ouvragées en pierre rugueuse s'élancent avec une fantaisie baroque démesurée : colonnes, frontons, socles, statues... Je m'arrête... C'en est trop. D'ailleurs c'est fini. Je m'assieds sur un mur de la Praza de Immaculada, que, pendant des siècles, des milliers de pèlerins ont atteinte après souffrances, efforts et dévotions, je regarde autour de moi les façades des bâtiments et les gens de toutes les nations. Quand tu y arriveras à ton tour, tu ne pourras pas t'en lasser. Tu attendras que ça passe. En même temps tu souhaiteras que chaque moment de ta vie soit pareil à celui-ci.

 

Au bout d'une demi-heure, Marie Claude et Chantal me sortent de mon hébétude et nous allons déjeuner. En face de la terrasse du petit restaurant, un guitariste entonne des chants où vibrent tout l'amour, toute l'histoire, toutes les peines des espagnols, toute l'âme de l'Espagne. Pas besoin d'être hyperémotif, c'est l'estocade.

 

Après le déjeuner, les amies sont parties trouver une chambre. Relâchement. Je m'endors sur ma chaise, dans cette rue, sur la terrasse du petit restaurant.

 

Quelque chose me réveille, je reprends mes esprits... c'est à ce moment-là qu'il se passe un truc incroyable. Le téléphone sonne, quelqu'un m'appelle de France et me donne un rendez-vous espéré depuis des mois... Ca ne s'est pas passé hier ou un autre jour, non, il a fallu que ce soit ici, à mon arrivée à Santiago. Je ne peux pas t'en dire plus, mais la coïncidence est trop forte, je suis abasourdi.

 

Dans l'après-midi, il y a deux ou trois choses à faire. Parmi elles, l'admiration des voûtes et des sculptures de la cathédrale et l'embrassade du buste doré de St Jacques, bien au-dessus de l'autel, dans un décor d'anges bouffis en bois doré. Alors je pense très fort à la bénédiction du départ, à Bernard, qui m'avait parlé de ce buste il y a plusieurs mois, au sens collectif de mon geste et je me dis que ça ne peut pas me faire de mal.

 

J'assiste à une petite cérémonie en espagnol et en italien où quiconque le souhaite peut prendre la parole et témoigner de ce qu'il a vécu. Je voudrais bien, moi, leur dire que ce chemin a été pour moi aussi l'expérience la plus longue, la plus forte, la plus riche, la plus haute de la petite vie que j'ai vécue, mais je me tais, je le dirai plus tard, à d'autres... et je suis d'ailleurs trop ému pour garder la voix claire.

 

Pas de messe à botafumeiro aujourd'hui, nous ne sommes que le 13 août. Il chauffera bien dans deux jours et je comprends que ce n'est pas pour moi...

 

Entre quelques courses et un moment d'attente, je contourne la cathédrale et les quatre places qui l'entourent et je croise de nombreux visages connus en chemin : les deux jeunes allemands, un jordanien et un brésilien, les parents du groupe des 120 collégiens, un couple d'italiens du Haut Adige, et même Elisabeth, la fille d'Albuquerque rencontrée juste après Sahagun... Combien de pèlerins en plus je reconnaîtrais si j'avais parcouru le camino d'une seule traite !

 

Voilà 5 heures que nous sommes arrivés à Santiago. Il est trop tôt pour tirer quelque conclusion que ce soit. Etre un pèlerin est-ce que c'est bien ? des problèmes sont-ils résolus ? est-ce que je comprends mieux mes congénères humains ? ai-je surmonté toutes mes peurs ? ai-je apprivoisé la mort ? puisque Dieu existe, me suis-je rapproché de Lui ? suis-je à présent quelqu'un de différent ? ai-je trouvé le bonheur ? Je crois bien que les réponses sont affirmatives, quoique.... sous une forme différente de ce que l'on peut imaginer. Ce qui est sûr, c'est que ça ne c'est pas passé à l'arrivée ici, mais en chemin... Je n'ai pas encore le recul pour analyser et mettre des mots sur tant de sentiments mêlés. Dans quelques mois je pourrai te donner des détails si tu me les demandes. Mais je le ferai entre nous : je ne suis pas sûr que cela intéresse tout le monde...

 

CATH-SANTIAGO-BIS.JPG

 

Place de l'Obradoiro côté face

 

Nous dormons ce soir dans une petite pension. J'y trouve un prospectus touristique qui m'apprend que le rivage de Fisterra, tout à l'ouest, à deux ou trois jours de Santiago, porte un nom particulier.

 

Ce nom, c'est Costa da Morte.

 

 

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