8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 19:22

 

Récit                Leon – Hospital de Orbigo

                         36 km

 

ENTREE-VILLAR-DE-MAZARIFE-copie.JPG

  Pour un monde nouveau        Photo J F F

 

Un grand type très maigre, blanc comme un linge sauf le nez, rouge de soleil, le crâne rasé, est étendu sur le dallage. Pas beau à voir. Sept personnes l'entourent. L'une d'entre elles lui tient les pieds levés en l'air.

 

Les pèlerins qui ont assisté à la bénédiction sortent de la chapelle en masse et passent, intrigués, en regardant le grand maigre qui reprend ses esprits. Ses sauveteurs sont inquiets.

 

- How are you ? me demande l'un d'entre eux, au moment où j'entr'ouvre un oeil.

 

Un bonne âme me tend du sucre qu'elle a dans son sac et un verre d'eau.

 

- I feel better...  thank you ...

 

Il y a comme un deuxième malaise quand, penaud, je me relève et, évitant les regards et les questions, me rends doucement vers le dortoir où je m'endors à nouveau, cette fois-ci dans un vrai sommeil.

 

Le lendemain, je suis encore perplexe sur ce qui m'est arrivé. Mon voisin de lavabo, un crâne rasé aussi, et lisse comme le caillou que je garde au fond de mon sac, s'occupe de sa barbe. Il a envie de parler :

 

- Where are you from ?

 

Très vite on passe au français, il est belge.

 

- Vous savez, moi, je profite de mes grandes vacances – je suis professeur de théologie et religion  – pour faire le Camino. Je veux résoudre mes problèmes.

 

- Ah bon ?

 

- J'ai trois problèmes : je bois trop, je fume trop, et je ne trouve pas de femme.

 

-  Ah ?

 

-  Oui, vous avez dû vous en rendre compte, sur le chemin, on a le temps de réfléchir.

 

-  Bien vrai !

 

-  Alors j'ai compris que si j'avais ces trois problèmes, c'était parce que je ne m'aimais pas.

Comme je ne m'aimais pas, je faisais de l'autodestruction.

 

-  Ah d'accord... 

           (Comment ponctuer avec un autodestructeur ?)

 

-  Déjà j'ai pu m'arrêter de fumer. Et je bois moins de bière, du coup, j'ai perdu un peu de mon ventre...

 

Avant de quitter la ville de Léon, je passe au Musée du Couvent San Marcos. Dans une belle pierre blonde, volutes, corniches et coquilles accrochent le regard à chaque instant.

 

Le Paramo après Leon n'est plus tout à fait la Meseta : avec l'irrigation, on y cultive tournesol et maïs. Le gouglou des ruisseaux et des canaux se fait entendre. Au bord du chemin le fenouil sauvage sèche ses ombelles en diffusant son parfum un peu oriental...

 

 Marcher à reculons permet de se reposer, tout en avançant. Je le fais de temps en temps. C'est ainsi que je vois venir un cycliste fringant, tenue sportive impeccable. Il en profite pour faire une petite pause :

 

-   D'où je viens, moi ? De Rotterdam, et je roule depuis la Gare du Nord, à Paris. C'est un voyage, que je fais, hein, pas un pèlerinage, je ne suis pas croyant.

 

On continue, lui à vélo, moi à pied.

 

-   Mais qu'est-ce que c'est intéressant ! Tenez, par exemple, cette église près de Saint-Emilion, comment s'appelle-t-elle déjà ? Ah, je ne sais plus... Passée la frontière, ce que j'apprécie le plus, ce sont les peintures dans les églises espagnoles...On y voit l'influence flamande, et moi, ça me parle ! Bon, allez, je continue, au revoir ! Bon courage !

 

Un orage me surprend juste avant le pigeonnier de Vilar de Mazarife. Le vent, les trombes d'eau, c'est déjà impressionnant. Quand un éclair lézarde le ciel non loin de moi et fait un vacarme d'enfer, ma détermination fléchit. Quelle stratégie adopter si la foudre s'approche encore ? Ne pas se réfugier sous un arbre, d'ailleurs il n'y en a pas. Tu me vois, vautré à plat ventre dans la boue, enveloppé par ma cape écarlate, priant que l'électricité du ciel veuille bien frapper un point plus élevé que moi ?

 

Heureusement le nuage passe.

 

Dans le gros bourg, une jeune pèlerine blonde d'allure fragile me demande de l'aider à entrer dans le café. Elle n'ose pas, il n'y a que des hommes !

 

scan41-LES-JOUEURS-AU-CAFE-PAR-JUDITH-.jpg  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

VILLAR-DE-MAZARIFE-1.jpg

Cafés de campagne Dessin et couleurs par Judith Vanistendael    &    Photo J F F

 

Les trombes d'eau dégringolent  à nouveau. Nous sommes bloqués dans le bistrot où les habitués jouent au domino. En attendant de pouvoir ouvrir l'église St Jacques à côté, le bedeau est le plus audacieux. Il engage la conversation et après maints signes d'approche, arrivera dans un certain geste de... sympathie, à toucher l'épaule de ma protégée...

 

HOSPITAL-DE-ORBIGO-PONT-2-avec-pecheur.JPG

Grand lit, petite rivière       Photo J F F

 

Plus loin, Hospital de Orbigo remplit ses promesses. Le pont roman aux 20 arches offre un décor digne de l'histoire du vrai Don Quichotte. Le chevalier y avait combattu, des heures durant, en l'honneur d'une dame...

 

 Il fait bon s'arrêter au refuge de la Paroisse. Plus que 16 km avant Astorga, où je me réjouis de visiter le palais épiscopal construit par le maître catalan de l'art Nouveau, Gaudi.

 

Tout va bien.


Partager cet article

Repost 0
Published by J F F - dans Récit
commenter cet article

commentaires

Anne 18/01/2012 06:54

Sauf, peut-être, la conscience des autres et de soi ?
Mais il y a tant de nouvelles découvertes en éthologie qu' elles rendent obsolète peu à peu ce que nous pensions savoir du comportement des animaux.
Anne

Anne 13/01/2012 08:26

"animal" , n' y vas-tu pas un peu fort, là? Pourquoi pas "bestial" tant que tu y es !
Moi, je crois qu "humain", tout ce qu' il y a de plus humain, peut trouver un charme fou à une silhouette (ben oui, pourquoi n' y en aurait-il que pour les jeunes pèlerines blondes ?) évanescente.
Un je ne sais quoi, une harmonie subtile dans les teintes, peut-être ? La tache de couleur d' un vêtement (dont tu connais la couleur)appelant bien la lumière ?
que tu me fais rire, ce matin, amigo !
Anne

J F F 18/01/2012 00:06



Quand il s'agit d'actions comme se nourrir ou copuler, je trouve que l'animal n'est vraiment pas loin. "Boire sans soif et faire l'amour en tous temps, il n'y a que ça qui nous distingue des
autres bêtes" Voltaire.



Anne 12/01/2012 21:32

Peut-être ton pèlerin "au crane lisse" aura-t-il résolu au moins un de ses problèmes, arrivé à Casanova ! Parce que là, comme tu nous l' a démontré avec perspicacité,les ondes magnétiques,
visiblement, n' épargnent personne et les silhouettes des jeunes pèlerines blondes sont nettement moins frêles !
L' aquarelle est juste, rend bien l' atmosphère de ces bars.
Anne

J F F 12/01/2012 22:13



C'est qu'il s'en passe des choses, sur le Chemin de Compostelle, et pas seulement à Casanova ! Et parfois c'est très... concret. Mais nous serons discrets là-dessus, je pense... Les frontières
entre l'humain et l'animal sont ténues... On passe.



Martine, la pèlerine 03/10/2011 12:49


je voulais laisser un commentaire... et je vois que je l'avais déjà fait il y a quatre mois... Je suis encore un peu "déphasée", il faut m'excuser. Mais il me reste malgré tout un peu de cohérence
parce que le commentaire aurait été identique ou presque au précédent. Et puis, aujourd'hui, ça te donnera l'occasion de me répondre !
bises


J F F 04/10/2011 00:37



Donc je te réponds : j'apprécie énormément tes commentaires, c'et toi qui m'as initié et pour le camino, et pour le blog (j'arrête là). Alors dès que tu t'exprimes, je suis tout ouïe.
  



Martine, la pèlerine 16/06/2011 12:23


Comme c'est bon de se retrouver, à travers ton récit, sur ce chemin que j'ai parcouru juste un peu avant toi. Moi aussi je suis passée par Vilar de Mazarife où j'étais arrivée "exsangue" (ça
s'écrit bien comme ça?) mais où j'avais eu la chance de dormir sous un plafond d'étoiles...
Le plus étrange est qu'en arrivant, tout comme toi, je me suis écroulée sur un lit et j'ai dormi, dormi, dormi !
Bon, j'ai un peu rattrapé la lecture de tes articles après ces longs mois de silence (nécessaires). Je n'oublierai pas de remonter le temps à travers tes pages et d'y laisser une trace.
bises affectueuses


J F F 04/10/2011 00:04



Merci pour ce commentaire, Martine. Ah oui, laisse des traces, elles me font énormément plaisir. Je ne sais pas pourquoi. Ou plutôt si : j'y vois des signes d'amitié et de reconnaissance qui me
touchent profondément. 



danielle LOPEZ 13/04/2011 22:17


oh là ....si le rouge fait aller vite comme tu le dis , je vais changer ma cape noire pour une écarlate !!!
Merci pour le tuyau ....
Bises


J F F 13/04/2011 22:30



Avant j'en avais une bleue, ultra-rapide, mais c'était pour se déchirer ! LOL



danielle LOPEZ 13/04/2011 19:26


Quel beau récit !
tout l'esprit du Chemin y est décrit avec tellement d'humour ! amitié , solidarité , échange ....j'en ai eu un petit aperçu
il y a quelques jours, et au détour d'un sentier j'ai cru apercevoir un "grand maigre" qui marchait à reculons... Bizarre. Encore une de ces légendes qui alimentent l'histoire du Chemin de
Compostelle ........... Merci JF je trouve ton texte très beau et tu m'as fait "mourir" de
rire rien qu'à t'imaginer plaqué au sol dans ta cape écarlate .....


J F F 13/04/2011 21:49



Pour qu'il y ait légende, il faudrait un miracle ; déjà un petit miracle se passe : le grand maigre arrive à amuser un peu. J'entends le rire d'ici, et c'est merveilleux !


Le rouge de la cape est très important : le rouge fait aller vite, sinon les voitures de courses seraient bleues ou grises. Et si j'avais été foudroyé sur le chemin de Compostelle, sûr qu'on
m'aurait retrouvé en moins de deux ! (mais en mille morceaux !)


Content que tu sois de retour, Danielle ! 



Hubert 11/04/2011 12:23


Pour le communiqué de presse, il y a des règles quant à sa constitution? Je dois pouvoir trouver ça sur internet.

Que veux-tu dire par "contacts de contacts" qui marchent mieux?

pour le mini fichier dans la presse spécialisée, je veux bien, si tu penses que cela peut être bon au niveau du témoignage et que cela peut apporter à d'autres...

Je te remercie pour tes conseils.


J F F 11/04/2011 12:36



Oui, je pense que faire savoir à tous les participants des JMJ et à tous les autres que tu vas à pied à Madrid en passant par Compostelle, cela devrait faire rêver... Réponse sur les autres
points dans ton blog.  



Hubert 11/04/2011 01:13


Merci JF pour tes mots d'encouragement...
Je vais suire ton idée et voir ceux qui pourraient être intéressés par mon projet. Même s'il ne me reste pas beaucoup de temps, je pense qu'il n'est pas trop tard.

Pour le tutoyement, ne t'inquiète pas! Vu ce que je lis sur ton blog, je ne peux prendre cela comme du mépris. ;o)


J F F 11/04/2011 12:15



Un petit communiqué de presse, avec son résumé, proposer de l'image, et un envoi mailing (mais des contacts de contacts marchent encore mieux) et hop, c'est lancé. Je peux te faire cadeau d'un
mini fichier dans la presse spécialisée ...



carine 11/04/2011 00:21


Décidément en te lisant ,l 'envie de marcher me prend...Je ne sais quand cela se fera ,ni ne connais les compagnons de route, mais un jour!
Nul n'est à l'abri d'un petit malaise hypo ou d'un bon coup de fatigue. Le corps se venge quand on l'oublie . Il est aux premières loges sur ce chemin et il faut pouvoir compter dessus sans
faille....Bon suite récit .


J F F 11/04/2011 12:13



Qu'à leur tour nos amis puissent prendre leur sac et que leurs souliers se couvrent de la poussière du Chemin de Compostelle, c'est une partie du bonheur que je leur souhaite.


Côté diagnostic, tu as certainement raison. Quelques jours plus tard, je trouvais la réponse à ma perplexité. Une réponse bêtement arithmétique !    Tu dis l'importance du corps, et c'est vrai que c'est ça qu'il faut gérer d'abord. Et les autres choses ensuite !   Mille merci pour ton commentaire, c'est toujours
impressionnant    de savoir que tu me lis ... Bises, J F



lili58 10/04/2011 10:41


très belle la photo "pour un monde nouveau"!
et ton "coup de chaud" singulier = illuminations?ou enfer ?

-"enfin, ô bonheur, ô raison, j'écartai du ciel l'azur, qui est du noir, et je vécus étincelle d'or de la lumière nature. De joie, je prenais une expression bouffonne et égarée au possible :
Elle est retrouvée !
Quoi ? L'éternité.
C'est la mer mêlée
Au soleil."
(une saison en enfer Rimbaud)

pour le grand maigre qui se brûle aux Chemins


J F F 10/04/2011 19:52



Merci pour cet étonnant moment de poésie, Lili !


Pour l'enfer  , je te conseile de patienter, il sera fait allusion à cette horreur à la prochaine journée
décrite, c'est à dire la précédente...  et pourtant, si je pouvais, tout de suite, j'y retournerais, sur ce Chemin de Compostelle... 


Content d'avoir de tes nouvelles, Bonne soirée !



Pierre 09/04/2011 23:34


c'était juste pour améliorer ton réfèrencement à bientôt
et Ultreïa
(ça me fait penser au sketch de Coluche sur le schmilblic , ..." c'est juste pour faire avancer le chimililimil le chmilimt..."


J F F 10/04/2011 19:43



Merci pour ce geste de solidarité de pèlerin de Compostelle ! Vive l'amélioration du référencement ! Un sacré boulot, semble-t-il ! Reviens quand tu veux, ça fera avancer le chmilili, le
chimilbli...  



Hubert 09/04/2011 22:39


Merci pour ce carnet de route, je viens de tomber dessus "par hasard" (sur le camino on se rend compte qu'il y a peu de hasards). A vous lire j'ai hâte de partir. Je pars de Bretagne dans trois
semaines, pour lees JMJ de Madrid, en passant par Compostelle.

Merci pour vos témoignages, en union de pensées entre pèlerins... ;o)

Hub


J F F 10/04/2011 19:41



Et moi, je vous remercie, Hub de votre appréciation ! (je n'ose pas vous tutoyer, vu la différence d'âge, je ne voudrais pas que ce soit ressenti comme du mépris de ma part). Donner "hâte de
partir", c'est un des buts de ce blog... Félicitations pour votre propre blog, j'ai commencé à le lire et j'y trouve la même vision du chemin que moi : les rencontres, la fraternité, le hasard et
les coïncidences, la magie (il ne s'agit pas de sorcières ni d'enchanteurs, on se comprend). Partir aux JMJ de Madrid via Compostelle, voilà un sacré projet d'envergure.   Je vous
souhaite de bons préparatifs et un bon départ !  Ultréïa !  J F



françoise 09/04/2011 05:20


Nous nous narre de façon réaliste que le chemin n'est pas une"route" si facile à suivre.Les rencontres,la solidarité ne restent pas de vains mots.Chacun sa force et la mettre au service d'autrui
est une jolie qualité
Les découvertes sont à tout niveau....


J F F 09/04/2011 14:41



Oui, à tous les niveaux : les éléments naturels, le pays, la société, les personnes, soi-même, plus un petit quelque chose qui s'appelle le hasard, le destin ou la vie tout simplement ! A y
penser encore et si souvent, je me dis que le Chemin de Compostelle, décidément, est d'une richesse inouïe ! Merci de ton commentaire, ton passage est toujours bienvenu, Françoise !



Présentation

  • : chemincompostelle
  • : tout ce que vous voulez savoir sur le chemin de Compostelle en général et la voie de Paris en particulier. Si la réponse n'est pas dans un article, posez des questions, on vous répondra. Bonne lecture !
  • Contact

MODE D'EMPLOI

Renseignements pratiques ci-dessous dans la même colonne.

 

Utilisez le moteur de recherche (Recherche ci-dessous) pour trouver rapidement réponse à vos questions.

 

Cheminez à votre guise d'un article à l'autre. Les premiers articles affichés sont les derniers publiés. Cliquez sur la bannière en haut pour revenir à l'article le plus récent.

 

Si c'est le Récit qui vous intéresse : en bas de chaque article du Récit le lien sur les derniers mots permet, d'un clic, de passer au jour suivant. Pour aller au premier jour du Récit, cliquer ici.

Un petit mot fait plaisir : laissez des commentaires (en bas de chaque article). C'est aussi un moyen d'avoir plus d'infos. 

 

Inscrivez-vous plus bas, même colonne, au suivi du blog-newsletter (gratuit et sans risque) ; vous serez informés automatiquement de la publication de chaque nouvel article.

Recherche

.

Informations pratiques

INFOS PRATIQUES VOIE DE PARIS

CREDENCIAL BIS  

Document obligatoire : 

 

Le crédencial 

PHOTOS A CLASSER encore plus 089 BIS  

Paris - Tours via Chartres :

Carte globale et belles étapes

 

images.jpg  

Trouver un logement pèlerin

Hébergements à Paris et alentours

 

ITINERAIRE EN ILE DE FRANCE 55 km

Tracés à télécharger

chateau-d-ecouen 

staticmap2-EXTRAIT.png

 

Châtenay en France

       -

Sarcelles

 

PHOTOS A CLASSER 2 105 BIS

staticmap2-extrait-sarc-st-denis.png

 

Sarcelles

       -

Saint Denis

 

 PHOTOS A CLASSER 2 093 TER   staticmap2-extrait-st-denis-paris-t-st-jacques.png

 

Saint-Denis

         -

Tour St Jacques à Paris

 

 PHOTOS A CLASSER 008 BIS staticmap2-extrait-de-paris-st-jacques-a-f-de-verrieres.png

 

Tour Saint Jacques

         -

Forêt de Verrières

 

 vie1 SOEURS SCE SITE DE L4ABBAYE staticmap2-extrait-de-f-de-verrieres-a-vauhallan.png

 

Forêt de Verrières

     -

Vauhallan