Lundi 28 mai 2012
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Alain
Rue du Faubourg Saint Jacques à Paris, Chemin de Compostelle Ph J F F
On peut partir sur un coup de tête, on peut se préparer longtemps. Cela fait de nombreux mois qu'Alain, un autre Alain, s'informe et s'entraîne à partir sur le Chemin de Compostelle,
en passant par Orléans.
Samedi 26 mai 2012, 9 heures du matin, c'est le grand jour.
Son épouse et ses amis sont présents à la Tour Saint Jacques pour lui dire au revoir.
Huit membres de l'association Compostelle 2000 l'accompagnent selon les disponibilités de chacun jusqu'à la place St Jacques, la Porte d'Orléans, Montrouge, la Coulée Verte,
ou Palaiseau,
Ciel méditerranéen, températures plus que douces, les conditions météo sont favorables.
Un serrement de cœur quand un des rares automobilistes engage le dialogue :
- Vous allez où, comme ça ?
- A St Jacques de Compostelle.
- Quelle chance ! Moi aussi j'ai l'intention d'y aller !"
Par J F F
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Jeudi 24 mai 2012
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18:25
La marche, une activité naturelle
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Sue Kenny habite au Canada, en Ontario, plus précisément. Elle a écrit un livre sur le Chemin de Compostelle qu'elle a parcouru en 2001.
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De son pèlerinage elle est revenue transformée. Rien de bien extraordinaire jusqu'à présent.
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Ce qu'elle aime maintenant, c'est marcher pieds nus. Oui, pieds nus quel que soit le temps, quel que soit le terrain, avec une préférence toutefois pour la mousse et l'herbe tendre.
Elle a décidé de repartir sur le Camino.
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Elle parcourt en ce moment les quelque 260 kilomètres qui séparent Ponferrada, la ville des Templiers, de Santiago de Compostela, sans chaussures.
Ressenti : "Ces deux dernières années, j'avais mal au-dessous des pieds et je les sentais meurtris quand je marchais avec mes chaussures. Les semelles nous séparent du sol et il me semble que les
terminaisons nerveuses de nos plantes des pieds aient tellement besoin de contact qu'elles poussent au plus près de la peau, et c'est cela qui fait mal. Maintenant mes nerfs sensitifs savent que
je vais leur donner la possibilité de ressentir le terrain, la température, mon équilibre, etc., si bien qu'ils sont remontés loin de la surface.
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Ainsi je n'ai pas mal lorsque je marche sur du gravier, des pierres, des racines ou un trottoir. Le corps est une chose étonnante".
Elle est actuellement en chemin, accompagnée d'amis chaussés. Tout se passe bien. Surprise : quelques heures après son entrée en Galice, elle rencontre un italien nommé Andrea. Il est
pieds nus lui aussi !
Son conseil à ceux qui sont tentés par l'aventure :
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"Marcher et courir pieds nus... est un exercice hautement spirituel....Vous aurez de grosses courbatures au début dans les pieds, dans les mollets et les tibias parce que vous utilisez plus
de muscles et de tendons que d'habitude. Commencez cinq minutes pieds nus et ajoutez une minute tous les deux jours. Allez-y lentement".
Alors, naturellement, tu te demanderas peut-être ce qui est le plus normal : porter des chaussures
ou ne pas en porter ?
Photos : Sue Kenny
Par J F F
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Mercredi 23 mai 2012
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22:27
Bonjour ou pas
La rencontre ou Bonjour Monsieur Courbet Musée Fabre, Montpellier, sur la Voie d'Arles
Tout le monde te salue en chemin et tu salues tout le monde.
Ce qui te manquera au retour si tu vis en ville et si tu ne veux pas passer pour un fou ou une folle : dire bonjour aux passants.
Tu croises quelqu'un que tu ne connais pas, il ne te dit pas bonjour, et tu ne peux pas le saluer.
Deux destins passent, deux humains s'ignorent.
Comme les atomes d'un même organisme qui ne s'accrochent pas.
Un corps est désagrégé.
Par J F F
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Dimanche 20 mai 2012
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14:11
La vie est belle
On avait rencontré les pèlerins québecois Daniel et Luce à Paris. Ils ont été accompagnés à leur départ de la Tour St Jacques par un beau dimanche de Pâques. Des nouvelles de Tours nous sont arrivées quelques jours plus tard. De
Pons, ils envoient une photo qui te rappellera quelque chose. Les
voici à présent au-delà des Landes. Ce qu'ils disent de leur cheminement :
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A Poitiers : "Nous avons franchi aujourd'hui notre quatre-centième kilomètre. Nous avons emprunté la voie romaine, une route vieille de 1400 ans ! A notre grande surprise
nous n'avons pas vu Astérix !!!
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Hier, c'était la pire journée, vent, vent, pluie, grêle, vent, pluie ... mais la vie est belle.
Nous continuons notre chemin..."
Des Landes :
"Nous sommes rendus à Taller, trente-troisème étape, avec plus de 850 kilomètres dans nos bottines.
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Ces derniers jours nous avons eu des températures de 35 degrés avec plein soleil, aucun ombrage puisque nous traversions la région des Landes qui a été ravagée par une tempête en 2009.
Désolant et désertique.
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Les rencontres sont enrichissantes autant de la part des pèlerins que nous rencontrons que des hôtes qui nous hébergent.
Plus que quatre nuits et nous atteindrons St. Jean-Pied-de Port puis l'Espagne.
Les bobos sont pas mal tous partis et la vie est belle, nous marchons en moyenne
25 kilomètres par jour."
Par J F F
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Vendredi 11 mai 2012
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22:40
Marcher, une source de méditation il y a 35 ans
l'évolution de l'homme
Les petites choses... On peut se passer des extra-terrestres quand on est capable de lire dans un geste humble la trace du merveilleux... Small is beautiful
!
Sur la piste des Pouvoirs conduisant à la totalité de soi-même, les traces sont tellement nombreuses qu'on ne les distingue plus, elles forment le paysage de notre conscience et le difficile est
de savoir lire le message que chaque élément de ce paysage nous transmet, et cela c'est la science du saisir...
Chaque voyage, chaque itinéraire porte en lui la potentialité de sa parfaite réalisation... Encore faut-il travailler la matière de chair, de sang, d'esprit et d'amour que nous sommes.
Alors marcher devient une source de méditation... savoir l'amour du corps et des corps qui nous composent dans la simplicité de la grâce...
Ici la boucle est bouclée, parti du corps on y revient. Parti des sphères de l'individu, les différents corps superposés, on y revient après avoir imaginé les sphères célestes, ces grands corps
cosmiques auxquels nous sommes rattachés par des liens organiques et spirituels...
Extrait d'un ouvrage collectif de P. Salomon, N. Devil et A. Bercoff
Nu, le livre des possibilités, 1977
Par J F F
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